Donc (bien)avant les parisiens de FRUSTRATION (article ci-dessous), il y eut les mancuniens de THE FALL, avec son imbuvable leader imbibé: Mark E. Smith, preuve plus ou moins vivante que l'ivresse peut parfois engendrer,dans un premier temps, un questionnement utile. Utileune fois qu'il aura produit son lot d'actes qui sonneront comme autant de réponses, pas forcément pour soi, mais pour d'autres.
Une chanson est écrite qui, vingt ans plus tardet à des kilomètres d'elle, donnera du sens à l'existence du gamin qui
l'entendra sans s'y attendre. Ensuite viendront les gueules de bois dans le miroir terni, le sang qu'on vomit à contre-coeur, et bien d'autres réponses qu'on préfèrera prendre pour des
questions.Mais ne parlons pas de choses qui fâchent...
Avec Relax, les cinq français de FRUSTRATION confirment leur réputation et enfoncent le clou, en se présentant comme un groupe audacieux, mêlant avec brio punk et électronique. Le tout accompagné
d'une pochette très réussie, collant parfaitement au son (ce qui ne gâche rien). Avec ces ouvriers travaillant sur un gros réacteur, l'art work très stylisé nous annonce la couleur bien plus que
le titre trompeur "Relax". Autant vous prévenir d'avance, si vous ne supportez pas Joy Division, passez votre chemin. Cependant, plus que Joy Division, ce sont les premiers travaux du groupe de
Ian Curtis, baptisés Warsaw, qui semble fasciner FRUSTRATION.
Véritable punk torturé, sombre, aux riffs répétitifs, c'est avec Warsaw que Ian Curtis proposait ses performances les plus explosives, les plus révoltées.
Le génie de FRUSTRATION, c'est de capturer cette ambiance faite de mélancolie dépressive, poisseuse et oppressante pour en faire un album complet, qui se détache parfois du post-punk pour lorgner
franchement vers l'électro.
Difficile de garder le sang chaud face à cette épreuve de glace, ces onze titres dérangés qui s'écoutent forts et d'une traite, de préférence. On retrouve le côté "working class" de la pochette
dans l'atmosphère du disque : folie des cadences infernales matérialisée par l'utilisation de la répétition et de machines froides et vicieuses (conférant au disque un cachet un brin obsolète
diront certains).
Le groupe annnonce cette formule pour se définir : "Warsaw meet Wire meet The Fall". Frustration emprunte un don à ces glorieuses références : celui de nous mettre mal à l'aise tout en nous
emportant. link (lien vers interview du groupe)
link En substance, si les prisons sont autant de voiture-balais au service du Travail,éliminant ceux qui ne croient pas en lui et
lui autorisant encore aujourd'hui d'être érigé en idéal universel,c'est bien qu'il ne saurait en être un, d'idéal universel. Travaillons dur ou mou, et nous voici tirés d'affaire? La
voiture-balai peut bien attendre, nous n'irons pas en prison! Mais tout travail a une fin,et même à hollywood les happy-ends ont mauvaise réputation.Pourtant on nous en vendra encore
longtemps de la romance,comme des cartes aux partis de l'argent. Sans parler de la clique des divins,uniques ou bien polyglottes...samérlipopette!! il semblerait qu'une minorité bipède s'efforce
de vivre une vie de domination sur le dos d'une majorité de dominés,pourtant bipédes eux aussi??? Il y a quand même des jours où l'on en a plein le dos de leur domination, justement. Plein le dos
de se battre pour leurs terres promises(quelles qu'elles soient) quand eux nous promettent la terre-précarité,au mieux. Plein le dos de ne pas trouver le moyen de sortir d'un sacerdoce qu'on se
refile de géniteurs en mômes gênés, comme une névrose ou comme un alcoolisme notoire. Comme un terrible fardeau,une abjecte maladie honteuse:le prolétariat aigüe. TRAVAIL:DU LATIN
"TRIPALIUM":INSTRUMENT DE TORTURE A TROIS PIEUX.
:
Travail+Famille+Patrie=Obéissance Civile Totale. « … la civilisation est caractérisée, avant tout, par la volonté de ne pas faire souffrir gratuitement nos semblables. Selon les termes de cette définition, ceux d'entre nous qui se soumettent aveuglément aux exigences de l'autorité ne peuvent prétendre au statut d'hommes civilisés. » (Harold Laski).
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